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Retour sur la saison du SERT avec Dominique Méliand

27/07/2018

Dominique Méliand est à l’origine du Suzuki Endurance Racing Team. Il a mené son équipe à un total de 15 titres de Champion du Monde FIM EWC dont le dernier a été obtenu en 2016. Dans cette entrevue, « Le Chef » revient sur une saison de développement pour la nouvelle Suzuki GSX-R1000 et nous expose son état d’esprit avant l’ultime manche de la saison : les 8 Heures de Suzuka.

 

Suzuki : Ton point de vue sur la saison en cours ?

Dominique Méliand : "La saison 2017/2018 est difficile pour le SERT. La mise au point ainsi que le développement d’une moto de compétition sont très compliqués et il faut cerner beaucoup de paramètres pour rendre cette moto sans faille. Nous avons un « outil » fabuleux et surement un des plus puissant du plateau. Preuve a été faite à Oschersleben avec un super départ et un début de course fabuleux de Gregg. La chute de Vincent a arrêté la « fusée Suzuki ». Réparation efficace dans les stands par toute l’équipe et nouvelle attaque des trois pilotes pour remonter, suite à cette chute, de la dernière position à la dixième place au classement final. Déçu mais nullement abattu."

 

Suzuki : Comment s’est passée l’intégration de Gregg au sein de l’équipe ?

Dominique Méliand :"J’ai déjà regardé, étudié, le comportement de Gregg alors qu’il était pilote au sein du Junior Team. Il était fougueux avec cette envie de faire mieux, de faire gravir à son équipe, les plus hautes marches du podium. Il a fallu à ce moment, canaliser cette fougue. Il a su écouter, il a appris l’endurance, cette discipline ô combien compliquée. Aujourd’hui c’est un pilote confirmé, rapide et fort tant dans « la tête » que physiquement.

Alors comment ne pas « adopter » un tel pilote qui reste à l’écoute de son équipe technique et qui sait apporter son expérience et ses capacités pour mener au plus haut les résultats du Team."

 

Suzuki : Des informations positives au sujet du développement de la nouvelle GSX-R1000 ?

Dominique Méliand : "Oui, nous sommes avides de développement. Nous avons tous, dans l’équipe, du cuisinier aux techniciens en passant bien sûr par les pilotes, cette envie profonde de faire toujours mieux. Pour toutes ces « envies », nous sommes pleinement servis par le service compétition de Suzuki Japon qui fait son maximum pour que notre moto soit toujours au top et plus encore. Ils sont à l’écoute de nos désirs, désirs qui vont eux aussi dans le sens, non pas de la perfection, c’est un mot difficile en compétition, mais d’une avancée technologique course après course."

 

Suzuki : Avez-vous trouvé des solutions aux problèmes rencontrés au cours de la saison ?

Dominique Méliand : "Il n’existe pas de baguette magique pour faire qu’une moto de compétition devienne l’arme absolue. C’est toujours le fruit de la recherche, du développement et d’essais qui font l’évolution de la technologie en compétition. Nous avons, c’est vrai, un petit problème engendré par plusieurs soucis liés à une élévation de température des freins et nous devons cerner tous ces problèmes ensemble puisque les uns dépendent des autres et sont de ce fait très liés. Alors oui nous avons cerné le problème et il nous reste pour Suzuka, plusieurs pièces sur la partie avant de la moto, pièces qui devraient je pense résoudre définitivement ces soucis."

 

Suzuki : Quelles sont les qualités de cette nouvelle machine ? Par rapport à l’ancienne ?

Dominique Méliand : "Il est très difficile de faire une comparaison entre ces deux motos qui sont « la mère et la fille » de cette lignée des GSX R. En effet, cette nouvelle moto est vraiment dans la jouvence de l’ancienne mais là s’arrête la comparaison. Nous avions besoin d’un nouveau comportement du châssis, plus compétition, devant permettre des passages en virage et courbe d’une façon plus incisive. Il fallait aussi un châssis capable de répondre aux nouvelles technologies que sont entre autres les pneumatiques. Nous avions besoin aussi d’un « moteur » capable de rivaliser avec la concurrence qui elle aussi ne s’endort pas sur ses lauriers. Alors oui il nous fallait une moto complétement repensée, une « bête de circuit » et non pas un replâtrage. Une machine issue de l’ancienne, mais repensée de A à Z."

 

Suzuki : Comment procédez-vous pour la développer ?

Dominique Méliand : "Nous ne sommes pas des sorciers. Juste des techniciens qui avons derrière nous l’appui et la complicité d’une usine. Les uns à l’écoute des autres, c’est là le seul secret de ce développement. Un mot pour qualifier notre philosophie du développement : Le travail.

 

Suzuki : Comment appréhendes-tu Suzuka ? Quel est l’état d’esprit de l’équipe avant cette dernière course de la saison ?

Dominique Méliand : "S’il est une course dans le championnat qui est particulière, c’est bien celle-ci. Les conditions sont toutes différentes. Les conditions atmosphériques sont comme nulle part ailleurs. Le fait aussi de se retrouver au cœur des constructeurs y joue son rôle également. La cohabitation de 80 équipages qui ne visent eux, qu’une seule issue : la victoire des 8 heures sans partage alors que nous, oui nous avons cette même envie, mais une envie mesurée sachant que derrière cette course, nous jouons un championnat et qu’il ne faut pas se laisser emporter vers la faute. Cela fait plus de 35 participations et je ne dis pas faire abstraction d’un certain stress mais nous sommes capables de pouvoir le dominer pour s’en servir dans un sens pleinement positif."

 

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